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Livres Daniel Gacoin

  • • Communiquer dans les organisations sociales et médico-sociales

    Partie 1 : Mutations et enjeux
    Partie 2 : La communication comme solution ?
    Partie 3 : La communication avec l'usager, stratégies et méthodes
    Partie 4 : La communication interne, stratégies et méthodes
    Partie 5 : La communication externe, stratégies et méthodes
  • • Conduire des projets en action sociale (janvier 2006)

    Partie 1 : Comprendre la place nouvelles des projets
    Partie 2 : Innover en action sociale (à lire notamment les 5 histoires en forme de fables appelées "Histoires comme ça")
    Partie 3 : Penser projet : des savoirs au positionnement
    Partie 4 : Construire une stratégie
    Partie 5 : Mobiliser et impliquer Partie 6 : Communiquer et négocier
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25 novembre 2007

Education populaire et action sociale : synergies et problématiques

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La publication d’un ouvrage …

À l’heure où est créé un secrétariat aux sports disjoint de l’action en faveur de la jeunesse, il m’a paru utile de m’intéresser à l’éducation populaire, branche de l’action publique et sœur de l’action sociale. Or, est paru, il y a 6 mois, un livre bien intéressant : « L’histoire de l’éducation populaire ». L’ouvrage, écrit par un conseiller technique Jeunesse et Sports, Jean-Marie Mignon, est publié par les Éditions La Découverte.  Il rappelle que les années 1940 à 1970 ont vu émerger 2 secteurs d’activités complémentaires, l’action sociale et l’éducation populaire, avec des passerelles. Nombreux notamment sont les travailleurs sociaux, dirigeants associatifs des organisations sociales et médico-sociales, qui ont fait leurs premiers pas professionnels ou bénévoles en éducation populaire… Ce fut mon cas, les jobs d’animateur de centres de vacances et de loisirs, dès mes 16 ans, puis, plus tard, les fonctions de formateur ou de dirigeant dans une grande association d’éducation populaire ont été les portes d’entrée à ma formation d’éducateur spécialisé, la professionnalisation et l’engagement m’entraînant ensuite à des fonctions de formateur, puis de dirigeant en organisation sociale, enfin de consultant et d’auteur.

… partant d’un creuset historique

L’ouvrage propose un retour sur 70 années de vie sociale et institutionnelle autour de l’éducation de la jeunesse. Il démarre avec l’héritage du XXIe siècle.

  • Le lien construit par les encyclopédistes entre l’idée sociale d’émancipation des peuples et une pédagogie de l’enseignement destinée à la promotion sociale, est traduit dès 1792 dans un projet d’éducation populaire favorisant le développement d’activités socio-éducatives diverses, en faveur de la jeunesse. Ce n’est qu’à partir de 1830 qu’apparaissent des mouvements (d’éducation populaire et d’éducation ouvrière, tant pour les jeunes que pour les adultes).
  • Deux grands courants oeuvrent ensuite : le courant chrétien et social (hérité des penseurs comme F. Ozanam, Albert de Mun, Frédéric le Play, puis Marc Sangnier), le courant laïque (hérité de l’action de Jean Macé et de la nébuleuse de la Ligue de l’enseignement).
  • L’ouvrage décrit ensuite les constructions foisonnantes des années 1930, avec en parallèle une approche diversifiée de corps intermédiaires (les associations, l’économie sociale) et le volontarisme ministériel (Léo Lagrange, etc…). Le développement des « patros » *, (les patronages) bat son plein, toujours avec une double approche chrétienne-sociale (le scoutisme, les activités de paroisse) et laïque.
  • La 2ème guerre mondiale viend modifier les cartes : la création des chantiers de jeunesse (initialement proches de la Révolution nationale de Pétain), ouvre une parenthèse qui se referme vite avec l’entrée dans la Résistance de tous ces lieux de vie, dont la célèbre école des cadres d’Uriage (E. Mounier, H . Beuve-Mery, S. Nora, etc…).

… pour décrire 3 grandes phases de l’essor de l’éducation populaire

La libération de la France verra le volontarisme du soutien à l’Education populaire :

  • Du milieu des années 1940 au milieu des années 1950 : une phase de reconstruction. Elle est décrite dans l’ouvrage à travers les redynamisations associatives (l’exemple de Peuple et Culture, du rayonnement d’actions culturelles, des chantiers de jeunes, du scoutisme). Elle se poursuit dans la description, non plus des activités de vacances et des « patros », mais des activités périscolaires et postscolaires (avec un dépassement de l’opposition initiale mouvements chrétiens / mouvements laïques). Est aussi décrite l’émergence de secteurs nouveaux : les foyers pour la jeunesse (maisons des  jeunes et de la culture, foyers ruraux, auberges de jeunesse, foyers Léo-Lagrange de Pierre Mauroy, foyers de jeunes travailleurs).   Dans cette période faste, un mouvement contradictoire guide les pouvoirs publics : créer une direction de l’Éducation populaire au sein de l’Éducation nationale en 1944 (la mise en avant), la fondre dans la Direction des Sports deux ans plus tard (l’effacement).
  • Des années 1950 aux années 1960 : une progression du lien entre l’éducation populaire et l’éducation permanente. Sont décrites les initiatives diverses (progression des modes de loisirs, invention de liens sociaux au cœur des ensembles immobiliers phares, etc…), et la progression vers un ministère à part entière. Le haut-commissariat à la jeunesse et aux sports (M. Herzog) de 1958, initiant les congés salariaux pour des activités consacrées à la jeunesse, développe ses activités en concurrence avec une direction des affaires culturelles (via le ministère d’A. Malraux), pour des actions d’éducation autour de l’art dramatique, de l’expression musicale, du livre, etc… Et parallèlement, l’Éducation nationale soutient le développement d’initiatives autour de l’éducation populaire et de l’éducation permanente…. Tout est réuni pour voir, à terme, une liaison des trois approches dans une seule direction publique, en lien avec des corps intermédiaires associatifs fortement mobilisés.
  • Des années 1960 aux années 1970 : la naissance du travail social et de l’animation socio-éducative, et la séparation avec l’éducation populaire. Le lien entre l’éducation socio-éducative autour de problématiques d’exclusion et de société va favoriser la création d’un métier à part entière, issu du monde de l’éducation populaire, l’animateur socio-culturel. Mais peu à peu, ce métier va rejoindre un secteur différencié et en forte structuration, celui du travail social. L’ensemble, pendant la période agitée d’après 1968, aboutit à une professionnalisation/institutionnalisation qui désosse l’éducation populaire d’une part de ses acteurs, les animateurs, vite aspirés vers d’autres horizons, ceux de l’action sociale et protectionnelle.

… afin d’aborder la perte d’influence d’aujourd’hui

De 1980 à aujourd’hui, l’ouvrage décrit une phase progressive d’usure et de déconnexion de la portée de l’éducation populaire. L’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981, malgré les grandes options volontaristes (ministère du temps libre en 1981 par exemple) va pousser la perte d’influence et l’image passéiste de l’éducation populaire. La dégradation est d’autant plus sensible que de nouveaux défis se font jour : celui de secteurs de vie multiculturels rendant nécessaire des lieux d’expression de la diversité, celui de nouveaux analphabétismes, celui d’un nécessaire appui de formes renouvelées d’éducation face à la dévalorisation de l’éducation. L’auteur décrit cette érosion lente, malgré les discours publics : le ballottement des années 1986-1997, les intentions vaines des années 1997-2002, les valses-hésitations de 2002-2007 (la direction de l’éducation populaire et de la jeunesse, séparée de celle des sports allant d’abord  à l’Éducation nationale pour revenir ensuite aux Sports). Il ne pouvait encore décrire la situation d’aujourd’hui  confirmant cette érosion : un rattachement au ministère de la santé et une disjonction entre Jeunesse (sans secrétaire d’Etat) et Sports (avec secrétaire d’Etat).

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In fine : un livre qui laisse un goût amer

J’étais parti dans cette lecture, plein d’enthousiasme, heureux de retrouver des racines, des références, une part d’un passé motivant. Et de fait je l’ai retrouvé…

Mais vite, le délitement d’un secteur pourtant porteur de nombreuses initiatives, de modes de promotion des hommes, de la culture, du savoir et du lien social, apparaît dès la deuxième partie de l’ouvrage. Le lecteur mesure alors le gouffre qui se creuse entre des défis à relever pour l’action publique, pour l’action associative redynamisée, et la réalité progressive d’un délitement de plus en plus marqué. Comment ne pas voir les perspectives de participation sociale, de construction de lieux de solidarité naturelle, capables de relever les défis des villes, des échanges culturels et sociaux, voire internationaux, des échanges économiques solidaires, de l’éducation de la jeunesse ? Et comment ne pas percevoir en parallèle l’absence de réflexion politique sur le thème dans l’ensemble des partis politiques ? Considérant que l’éducation populaire est une des branches de l’action sociale, je la pense complémentaire des actions protectionnelles ou spécialisées, je la pense indispensable. Commençons par lui créer un ministère et un budget, en lien avec des objectifs  lisibles… Finalement, je serais ravi que l’éducation populaire bénéficie du discours volontariste et même de la culture du résultat qui se développent aujourd’hui à la tête de l’État.

Daniel GACOIN

* il sera intéressant de lire un autre ouvrage, un petit trésor, publié par le Centre National de Formation et d’Études de la PJJ à Vaucresson : « L’âge d’or des patronages (1919-1939) » de D. Dessertine et B. Maradan, publié en 2001 et consacré aux « patros » en région lyonnaise.

03 novembre 2007

Les dossiers des usagers dans les organisations sociales et médico-sociales : suite...

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La publication d’un guide de bonnes pratiques…

Dans un post récent de septembre, je plaidais pour une pratique rationnelle et éthique des dossiers des usagers dans les établissements et services sociaux et médico-sociaux :

  • Des documents professionnels et techniques,
  • Des classements rigoureux,
  • Une consultation possible conçue comme un des modes d’accompagnement,
  • Des contenus réalisés avec respect, en différenciant description objective des faits et position dans des analyses,
  • Des règles de non-circulation entre institutions, en intégrant le nécessaire respect du droit des usagers et des règles du secret professionnel et de la confidentialité.

La Direction Générale de l’action sociale vient de publier un guide de recommandations de bonnes pratiques sur ce thème. Écrit ou enrichi par des experts reconnus, ce guide conforte les positions que j’évoquais en septembre. Il prolonge les ouvrages ou textes antérieurs : J. Riffault (Penser l’écrit professionnel en travail social, Dunod, 2ème édition 2006), J-L. Debard (Les dossiers des usagers dans les institutions sociales et médico-sociales, CREAI Bourgogne, 2000), P. Verdier (L’usager et le dossier social, Journal du droit des jeunes, 2000), R. Janvier et Y-A. Matho (Mettre en œuvre le droit des usagers dans les OSMS, Dunod, 2ème éd. 2004), D. Gacoin (Communiquer dans les OSMS, Dunod, 2ème éd. 2004), DGAS (Arrêté du 5 mars 2004, homologation de bonnes pratiques en matière de dossiers de santé). Mais surtout, ce document très complet est une vraie source d’information pour mieux agir.

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D’un positionnement éthique…

L’introduction par le Directeur général de l’action sociale, J-J. Trégoat, rappelle l’action nécessaire de tout professionnel ou institution, autour de 3 axes : droit de l’usager (notamment le respect de sa vie privée et son accès aux informations du dossier), partage des informations utiles entre professionnels (dans le respect du secret professionnel), démarche d’amélioration de la qualité du service rendu.

Un texte plus large, produit par un philosophe, Eric Fiat, rappelle l’intérêt, non de règles établies sans discernement, mais d’une démarche, d’une recherche de la mesure juste entre « l’ombre et la lumière », entre « l’opacité et la transparence ». La participation et le contrat, devenus pratiques générales, peuvent conduire à des impasses, nous est-il affirmé, dès lors que ces pratiques deviennent unilatérales, alors que le « clair obscur », bien préférable parfois, restera la démarche la plus fondée.

… le guide rappelle les obligations légales…

Une 1ère partie rappelle les enjeux et finalités : l’accès à l’information est légitime, y compris en matière de dossier, mais ce progrès est à utiliser avec beaucoup de précautions ; la nouveauté législative s’applique à tous les usagers, même ceux qui sont entrés dans une structure avant le 2 janvier 2002 ; l’obligation de créer un dossier ne s’impose pas à toutes les structures, l’accès à l’information n’étant pas uniquement attaché au dossier.

… puis des modalités pratiques

La 2ème  partie part d'une position : un dossier d’usager a un accès réservé à la personne ou son représentant légal et aux professionnels habilités de l’établissement ou service, aucun des deux types d’acteurs n’étant propriétaire de ce dossier que la structure a la responsabilité de créer, gérer, protéger, archiver. Elle est complètée par l’exposé bref des contenus réglementaires : textes de 1978 à 2002, avec leurs lacunes, est-il précisé, texte sur le secret professionnel, texte sur le secret partagé dans le secteur sanitaire (« partage possible d’informations entre des professionnels, sauf opposition de la personne dûment avertie, afin d’assurer la continuité des soins et de déterminer la meilleure prise en charge possible »). Elle rappelle la nécessité d’un dossier comme support interdisciplinaire dans une institution, la ferme limitation (tous les cas possibles sont présentés) des consultations d’informations par des tiers.

Une 3ème partie présente toutes les modalités d’organisation des dossiers :

  • La définition tout d’abord comme outil de recueil et de conservation des informations utiles, formalisées, organisées et actualisées. La double fonction d’assurer la mémoire et de permettre le suivi du parcours intègre la différence à faire entre des écrits nécessaires et conservés et des écrits factuels et conjoncturels (cahier de liaison : les informations n’ont à être conservées que si elles prennent du sens au regard du projet personnalisé), ou intermédiaires (brouillons, notes) qui ont vocation à être détruits.
  • La typologie préconisée est classique : dossier administratif, médical, de soins infirmiers, judiciaire, ou autre selon la spécificité de la structure (pédagogique, éducatif, thérapeutique, professionnel…).
  • La reprise de quelques données réglementaires permet de cibler les contenus, selon les types d’établissements en tenant compte de la recommandation principale : ne garder que ce qui est utile !!

Une 4ème partie présente les logiques de la qualité des dossiers :  logique de cohérence, de continuité, de conservation. Elles sont traduites dans des recommandations précises:

  • Le dossier comme outil professionnel, conservé dans l’établissement,
  • Une ouverture de dossier dès l’admission,
  • Une unicité du dossier : même format pour tous les dossiers, pas de double dossier (au sens d’un pour les professionnels, un pour les usagers),
  • L’authenticité systématique des contenus,
  • La clarté des rangements et contenus,
  • La gestion rigoureuse avec l’utilisation d’un guide méthodologique de constitution et d’utilisation,
  • Une clôture systématique.

L’ensemble est complété par des annexes parmi lesquelles j’ai noté :

  • Des témoignages dans des établissements ou services : à lire notamment celui d’un CHRS de la Fondation de l’Armée du Salut, ou celui du dossier informatisé (D2I) du Centre La Gabrielle,
  • Une fiche dossier détaillant les types de contenus par sous-éléments d’un dossier (administratif, médical, soins infirmiers, judiciaire),
  • Les contenus réglementaires des dossiers dans les IME, IEM, SESSAD, ou dans les ITEP, ou les Pouponnières, ou les établissements de la PJJ,
  • Un rappel des différents délais de conservation pour les archivages. Attention ! Les délais sont très différents selon les types de documents : des tableaux très clairs donnent l’intégralité des informations utiles.

Après les recommandations, soutenir l’évaluation des pratiques

L’ensemble des contenus, clairs et pratiques, serait insuffisant s’il n’était suivi d’une liste de contenus utilisables en démarche d’évaluation : 9 références sont proposées, chacune déclinée en 2 à 5 critères de qualité. C’est peut-être sur ce thème de l’évaluation que j’ai été le plus intéressé (des critères clairs) et insatisfait (peu d’indicateurs probants, une liste trop importante faisant un peu « usine à gaz »). Mais en même temps, ceci confirme bien la philosophie  évoquée en préambule : celle d’une recherche. Elle passera, si chaque structure s’en donne le temps,  par un discernement (le tri entre le formalisme et l’utile) et des choix (le tri entre l’utile et l’indispensable). Une bonne occasion de se mettre en mouvement, pourvu que cette dynamique concerne tous les salariés et (pourquoi pas ?) les usagers.

Daniel GACOIN

PS : pour télécharger le document : www.travail-solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/dossierpersac.pdf

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